dragée


dragée

dragée [ draʒe ] n. f.
XIVe; dragie déb. XIIIe; p.-ê. altér. lat. tragemata, gr. tragêmata « friandises »
1Confiserie formée d'une amande, d'une noisette, etc., enrobée de sucre durci. Boîte, cornet de dragées. Coupe à dragées. drageoir. Dragées offertes à l'occasion d'un baptême, d'une communion, d'un mariage. Des dragées bleues, roses, blanches. « Nous leur jetions des poignées de dragées, et toute notre route était semée de bonbons. On se souviendra longtemps de ce baptême » (Loti). Dragée à la liqueur, au chocolat, où l'amande est remplacée par de la liqueur, du chocolat.
Loc. (1773) Tenir la dragée haute à qqn, lui faire payer cher ce qu'il demande; lui faire sentir son pouvoir. « je restais maîtresse de l'argent; je lui tenais la dragée haute » (F. Mauriac).
Par anal. (1676) Pharm. Préparation pharmaceutique à sucer, formée d'un médicament recouvert de gomme, de sucre.
2Petit plomb de chasse. cendrée. « Des cris éclatèrent sur mes vitraux comme les dragées d'une sarbacane » (A. Bertrand). Fam. Balle. Recevoir une dragée. bastos.

dragée nom féminin (bas latin tragemata, du grec tragêmata, friandises) Confiserie constituée d'une amande, d'une noisette ou d'une graine, enrobée d'une couche de sucre compacte et lisse. Populaire. Plomb de chasse, balle, projectile : Recevoir une dragée dans le buffet. Médicament dont le principe actif est enrobé par une couche de sucre pour en faciliter l'absorption ou en dissimuler le goût. Larve ou chrysalide du ver à soie momifiée par la muscardine à l'intérieur du cocon. ● dragée (expressions) nom féminin (bas latin tragemata, du grec tragêmata, friandises) Tenir la dragée haute à quelqu'un, lui faire attendre, lui faire payer cher ce qu'il désire ; faire sentir tout son pouvoir à quelqu'un. ● dragée nom féminin (latin populaire dravocata) Mélange fourrager de céréales et de légumineuses, fauché et donné en vert au bétail au printemps.

dragée
n. f.
d1./d Confiserie constituée d'une amande recouverte de sucre durci.
|| Loc. fig. Tenir la dragée haute à qqn, lui faire payer cher un avantage, le prendre de haut.
d2./d PHARM Pilule recouverte de sucre durci.
d3./d Menu plomb de chasse.
————————
dragée
n. f. AGRIC Mélange de fourrages.

I.
⇒DRAGÉE1, subst. fém.
A.— 1. Confiserie formée d'un noyau dur comestible enrobé d'une couche mince de sucre durci et poli. Sac, boîte, cornet de dragées; dragées de baptême. Cerises au marasquin et tutti frutti, touron de Crémone et dragées de Turin (MORAND, Londres, 1933, p. 193). Quand on monte se coucher avec une boîte de bonbons, des dragées aux amandes ou à la pistache, des fondants au chocolat (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 197). À la naissance de sa fille, il y avait eu des dragées pour tout le monde (CAMUS, Exil et Roy., 1957, p. 1597) :
... les dragées sont constituées par des amandes, des noisettes ou d'autres bonbons recouverts d'une couche de sucre presque toujours parfumée et colorée. On les prépare dans des bassines tournantes ou turbines chauffées à la vapeur. Pendant que tourne la charge dans la bassine chauffée, on les arrose de sirop de sucre : le sucre se dépose à la surface des parcelles remuées dans la bassine...
BRUNERIE, Les Industr. alim., 1949, p. 31.
SYNT. Croquer, offrir des dragées; boîte de dragées cerclée de rubans bleus.
Spécialement
a) MÉD. et PHARM. Dragées vermifuges. Je prends chaque jour depuis hier deux dragées de quina. La fièvre dure toujours (STENDHAL, Journal, 1801-05, p. 12). On donne le nom de granules aux pilules enrobées ou à de petites dragées (...) dans lesquelles le principe actif, est associé au sucre (BOUCHARDAT, Nouv. formulaire, 1894, p. 75).
b) Dragée d'attrape (Lar. 19e-20e et Ac. 1835, 1878). Dont le sucre a été remplacé par une substance amère. Au fig. Donner une dragée d'attrape à qqn. L'abuser. Dragée à la liqueur (Lar. Lang. fr.). Dans laquelle l'amande est remplacée par une liqueur.
P. anal. et p. métaph. Teint de dragée. L'étonnement... se peignit sur le visage de dragée de Catherine (H. BAZIN, Lève-toi, 1952, p. 276). Il y avait là [dans la chapelle Peruzzi], par-dessus tout, une odeur très agréable de vanille. Elle émanait d'une jeune dame très élégante dont le visage, sous la voilette, était lisse et irisé comme une dragée (GIONO, Voy. Ital., 1953, p. 244). Des dragées de grêle, des rais de pluie (COLETTE, Pays. et portr., 1954, p. 103).
2. Loc. fig. La dragée est amère (Ac. 1835-1932). La situation est difficile à supporter. Avaler la dragée (Ac. 1835-1932). Supporter quelque chose de désagréable et s'y résigner. Tenir la dragée haute (à qqn). Lui faire payer cher ce qu'il demande, le faire attendre. Je restais maîtresse de l'argent; je lui tenais la dragée haute (MAURIAC, Nœud vip., 1932, p. 283).
B.— P. anal. Menu plomb, fondu à l'eau ou au moule, dont on se sert pour tirer des oiseaux. Grosse, petite dragée (Ac. 1798-1932).
Arg. Balle. Recevoir, gober une dragée. Être atteint d'une balle. « Recevoir les dragées sans envisager les individus qui les tirent. » — Cogniard, 1831 (LARCH. 1861). « C'est pour demain », dit le médecin-auxiliaire... Le tir commencera d'un seul coup, toutes les dragées en vrac sur le saillant boche (GENEVOIX, Boue, 1921, p. 223). J'allais vous envoyer dans l'estomac quelque dragée dure à digérer. — Je vous défie bien de tirer, fit Gaspard (POURRAT, Gaspard, 1922, p. 134).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 dragiees (Ire continuation de Perceval, ms. E, éd. W. Roach, 4250); 1808 fig. et fam. il a avalé la dragée (HAUTEL); 1826 tenir la dragée haute (DELÉCLUZE, Journal, p. 327); 2. 1552 « petit plomb de chasse » (RABELAIS, Quart Livre, éd. Marty-Laveaux, 2, p. 488); 1792 pop. « balle, projectile » (MARCEAU, Lettre à Westermann ds LARCH. 1880); 3. 1775 dragées de Tivoli (VALM.); 4. 1792 spéc., pharm. les dragées de Keyser (Encyclop. méthod. Méd. t. 5). Prob. du lat. impérial tragemata « dessert » (gr. ) avec altération inexpliquée de tr- en dr-(drogue ne semble pas attesté avant le XIVe s.) et finale mal élucidée (peut-être due à une altération de tragemata en tragea dans les milieux monastiques où le mot semble avoir été d'un usage cour., v. DU CANGE), v. FEW t. 13, 2, pp. 159b-160a. Fréq. abs. littér. :124.
DÉR. Dragéifier, verbe trans. Mettre en forme de dragée. Dragéifier une amande (ROB., Lar. Lang. fr.), des noisettes (Lar. 19e-Lar. encyclop.), un médicament (Lar. Lang. fr.). Quand on dragéifie des pilules (DESCHAMPS D'AVALLON, Compendium pharm. prat., 1868, p. 266). Rem. L'opération correspondante est la dragéification, subst. fém. ,,Action ou manière de fabriquer des dragées`` (Lar. Lang. fr.). [], (je) dragéifie []. 1re attest. 1850 (Garot in Journ. de méd. et de chir. pratiques, XXI, 547 ds QUEM. Fichier); de dragée, suff. -ifier.
BBG. — GOTTSCH. Redens. 1930, p. 241, 255. — GOUG. Mots t. 3 1975, pp. 191-192. — LEFÈVRE (J.). Loc. fr. et gastr. Vie Lang. 1974, p. 292. — LEW. 1960, p. 87. — ROG. 1965, p. 67. —SAIN. Lang. par. 1920, p. 139. — WIND 1928, p. 39.
II.
⇒DRAGÉE2, subst. fém.
AGRIC. Mélange de diverses graines (céréales, légumineuses) que l'on fait pousser en fourrage. De l'eau, de l'orge, du méteil et de la dragée, qui est un mélange de vesces, de lentilles et d'avoine (FARAL, Vie temps St Louis, 1942, p. 175).
Prononc. :[]. Aucune transcr. ds les dictionnaires. Étymol. et Hist. Ca 1200 pain de dravie (1re continuation de Perceval, ms. T, éd. W. Roach, 9867; ms. M [fin XIIIe s.]); pain de dragie (ibid., ms. M, même éd., 13679); 1551 dragée (COTEREAU, trad. de Columelle, V, 12 ds HUG.). D'un lat. vulg. dravocata, dér. de dravoca v. dravière.

1. dragée [dʀaʒe] n. f.
ÉTYM. XIIIe, dragiée; p.-ê. altér. du lat. tragemata, grec tragêmata « friandises »; mais P. Guiraud considère qu'il s'agit d'un emploi fig. de dragée « mélange de grains pour les bestiaux », puis « mélange de friandises », la notion de mélange étant à l'orig. du mot.
1 Confiserie formée d'un fruit sec (amande, noisette), d'une praline, etc., recouverte de sucre durci. Bonbon. || Fabrication des dragées ( Dragéification) : mondage des amandes; blanchissage, remplissage et lissage (opérations ayant pour but d'enrober l'amande de sucre); séchage à l'étuve. || Dragée d'anis. || Dragée à l'amande de pin. Pignolat. || Dragée à la liqueur, où l'amande est remplacée par une goutte de liqueur.Boîte, cornet de dragées. Drageoir. || Dragées de baptême, offertes par le parrain. || Offrir des dragées pour son mariage.
1 S'il pouvait (…) obtenir un cornet de dragées en promettant de se jeter demain par la fenêtre, il le promettrait à l'instant (…)
Rousseau, Émile, II.
2 Nous leur jetions des poignées de dragées, et toute notre route était semée de bonbons. On se souviendra longtemps dans Toulven de ce baptême (…)
Loti, Mon frère Yves, XLVII, p. 122.
(1773, Diderot). Loc. Tenir la dragée haute (à qqn) : lui faire sentir son pouvoir, le faire attendre longtemps, lui faire payer cher ce qu'il demande (→ Marché, cit. 30).
3 Je l'avais; il était à moi; il m'appartenait : je restais maîtresse de l'argent; je lui tenais la dragée haute.
F. Mauriac, le Nœud de vipères, II, XIX, p. 232.
3.1 (…) les amoureux on n'en manquait pas. Mais on leur tenait la dragée haute. On n'était pas des dévergondées. On savait choisir.
R. Queneau, Pierrot mon ami, éd. L. de Poche, p. 80.
REM. On a prêté à cette expression plusieurs motivations concrètes, plus ou moins inventées ad hoc : tenir la dragée haute à un chien, à un enfant, ou la dragée (→ 2. Dragée) haute à un cheval.
Dragée d'attrape, où le sucre enrobe une substance amère.
Loc. fig. La dragée est amère : cela est difficile à supporter. — ☑ (1680). Vx. Avaler la dragée : supporter qqch. de désagréable, de fâcheux. Pilule.
(1680). Vx (langue class.). Écarter la dragée : postillonner.
(1864). Pharm. Préparation pharmaceutique ressemblant à une pilule et formée d'un médicament recouvert de gomme, de sucre… || Dragée purgative, thermale, vermifuge. || Dragée de semen-contra.
2 Petit plomb de chasse. Cendrée. || Grosse, petite dragée.
4 (…) et des cris éclatèrent sur mes vitraux comme les dragées d'une sarbacane.
Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, Deux juifs.
Argot, fam. Balle, projectile d'arme à feu. Bastos, valda.
3 N. f. pl. (1767). || Dragées : maladie des vers à soie, dite aussi muscardine.
4 Loc. Dragées de Tivoli : calcite dont les concrétions se présentent en grains.
DÉR. Dragéifier, drageoir.
HOM. 2. Dragée.
————————
2. dragée [dʀaʒe] n. f.
ÉTYM. XIIIe, dravie; du lat. pop. dravocata, de dravoca « ivraie ».
Agric. Mélange de légumineuses et de graminées semé pour fournir du fourrage. (On dit aussi dravée, dravière et hivernage).
HOM. 1. Dragée.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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